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Actualités et analyses · SCI à l’IR

SCI à l’IR : comment sont imposés les associés ?

Deux associés de la même SCI peuvent supporter des impôts très différents sur le même immeuble. Résultat foncier, imposition même sans distribution, déficit, déclarations 2072 et 2044, plus-value à la revente.

Une SCI à l’IR ne paie pas d’impôt. Ce sont ses associés qui sont imposés, chacun sur sa part, à son propre taux. Cette mécanique simple à énoncer produit des effets que beaucoup découvrent après coup : deux associés de la même SCI peuvent supporter des impôts très différents sur le même immeuble. Voici comment fonctionne réellement la fiscalité d’une SCI à l’IR.

Le principe : une société transparente, des associés imposables

L’article 8 du CGI pose la règle : les sociétés civiles qui n’ont pas opté pour l’impôt sur les sociétés ne sont pas imposées en leur nom. Le résultat est déterminé au niveau de la société, puis réparti entre les associés à proportion de leurs droits, et imposé entre leurs mains.

Concrètement, pour une SCI de location nue, la quote-part de chaque associé personne physique est imposée dans la catégorie des revenus fonciers : barème progressif de l’impôt sur le revenu, augmenté de 17,2 % de prélèvements sociaux (CSG 9,2 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %).

Point important : l’imposition est due que le résultat ait été distribué ou non. Si la SCI conserve la trésorerie pour rembourser un emprunt, les associés paient quand même l’impôt sur leur quote-part. C’est le décalage qui surprend le plus souvent.

Comment se calcule le résultat foncier

Le résultat foncier est la différence entre les loyers encaissés et les charges déductibles. Ces charges sont limitativement énumérées à l’article 31 du CGI et se regroupent en grandes catégories : frais d’administration et de gestion, dépenses de travaux, charges locatives non récupérées, impôts (dont la taxe foncière), primes d’assurance, provisions pour charges de copropriété, intérêts et frais d’emprunt.

La limite structurante tient aux travaux : les dépenses d’entretien, de réparation et d’amélioration sont déductibles, mais les dépenses de construction, de reconstruction et d’agrandissement ne le sont pas (CGI, art. 31, I-1°-b). Et, à la différence d’une SCI à l’IS, l’immeuble ne s’amortit pas.

Le régime micro-foncier, qui applique un abattement de 30 % en deçà de 15 000 € de revenu brut (CGI, art. 32), n’est pas ouvert à qui détient uniquement des parts de SCI : il faut par ailleurs être propriétaire en direct d’au moins un immeuble donné en location nue (BOI-RFPI-DECLA-10).

Exemple chiffré : le même immeuble, deux additions différentes

Une SCI détenue à 60 % par monsieur A et à 40 % par madame B. Loyers 24 000 €, charges déductibles 9 000 €, soit un résultat foncier de 15 000 €. A est dans une tranche marginale à 41 %, B à 11 %.

Associé A (60 %)Associée B (40 %)
Quote-part de résultat9 000 €6 000 €
Impôt sur le revenu3 690 € (41 %)660 € (11 %)
Prélèvements sociaux (17,2 %)1 548 €1 032 €
Total5 238 €1 692 €

Sur 15 000 € de résultat, la facture cumulée atteint 6 930 €. A supporte plus de trois fois l’impôt de B pour une part seulement une fois et demie supérieure. C’est le premier enseignement : la répartition du capital dans une SCI familiale n’est pas neutre fiscalement, et ce qui paraît équitable en parts peut être coûteux en impôt.

Illustration simplifiée, qui ignore le plafonnement du quotient familial, les autres revenus du foyer et la CSG déductible. Elle ne préjuge d’aucun résultat réel.

Quand la SCI est déficitaire

Si les charges excèdent les loyers, la quote-part de déficit remonte chez l’associé. Le déficit foncier s’impute sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an (CGI, art. 156, I-3°), l’excédent étant reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

Une règle est souvent mal comprise : la fraction du déficit provenant des intérêts d’emprunt n’est jamais imputable sur le revenu global. Elle s’impute exclusivement sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Sur une SCI fortement endettée, le déficit « utile » est donc plus faible qu’il n’y paraît. Notre analyse du déficit foncier en SCI détaille le mécanisme.

Les obligations déclaratives

La SCI dépose chaque année une déclaration n° 2072-S-SD ou n° 2072-C-SD, télétransmise par son représentant depuis un espace professionnel. Chaque associé reporte ensuite sa quote-part sur sa déclaration personnelle, sur le formulaire 2044 lorsqu’il relève du régime réel.

Cette déclaration n’est pas une formalité : c’est elle qui fige la répartition du résultat opposable à l’administration. Une répartition mal servie, ou décalée par rapport aux statuts et aux mouvements de parts intervenus en cours d’année, est un motif classique de redressement.

À la revente : le régime des particuliers

Lorsqu’une SCI à l’IR cède un immeuble, la plus-value relève du régime des particuliers. Taux de 19 % (CGI, art. 200 B), prélèvements sociaux de 17,2 %, et abattement pour durée de détention (CGI, art. 150 VC) : 6 % par an de la 6e à la 21e année puis 4 % la 22e pour l’impôt sur le revenu, soit une exonération totale à 22 ans ; 1,65 %, puis 1,60 % et 9 % par an pour les prélèvements sociaux, exonération acquise à 30 ans. Au-delà de 50 000 € de plus-value imposable s’ajoute une taxe de 2 % à 6 % (CGI, art. 1609 nonies G).

C’est l’avantage structurel de la SCI à l’IR, et la raison pour laquelle une option précipitée pour l’IS se paie souvent à la sortie.

Ce que nous regardons chez Perception

La fiscalité d’une SCI à l’IR ne se lit pas au niveau de la société, mais foyer par foyer. Répartition des parts, démembrement, comptes courants d’associés, articulation avec un LMNP ou une holding existante : ce sont ces paramètres qui déterminent le coût réel. C’est l’angle de notre cabinet : une vision patrimoniale consolidée multi-entités, portée par des experts-comptables inscrits à l’Ordre.

Pour aller plus loin : le déficit foncier en SCI à l’IR et passer sa SCI de l’IR à l’IS. Les règles citées sont consultables sur le Bulletin officiel des finances publiques.

Questions fréquentes

Faut-il payer l’impôt même si la SCI ne distribue rien ?

Oui. L’imposition porte sur la quote-part de résultat, qu’elle ait été distribuée ou mise en réserve pour rembourser un emprunt (CGI, art. 8).

Peut-on amortir l’immeuble dans une SCI à l’IR ?

Non. L’amortissement suppose une comptabilité commerciale et n’existe qu’en cas d’option pour l’impôt sur les sociétés. En revenus fonciers, seules les charges de l’article 31 du CGI sont déductibles.

Un associé peut-il utiliser le micro-foncier sur sa quote-part de SCI ?

Seulement s’il est par ailleurs propriétaire en direct d’au moins un immeuble donné en location nue, et dans la limite de 15 000 € de revenu brut foncier (CGI, art. 32 ; BOI-RFPI-DECLA-10).

Comment un associé soumis à l’IS est-il imposé ?

Si un associé est une société soumise à l’impôt sur les sociétés, sa quote-part est déterminée selon les règles applicables à cette société, et non selon celles des revenus fonciers. Ce point doit être sécurisé en amont.

Sources officielles

  • CGI, art. 8 : sociétés de personnes, imposition entre les mains des associés
  • CGI, art. 31 : charges déductibles des revenus fonciers
  • CGI, art. 32 : régime micro-foncier ; BOI-RFPI-DECLA-10
  • CGI, art. 156, I-3° : imputation des déficits fonciers
  • CGI, art. 150 VC et 200 B : plus-value des particuliers, abattements et taux
  • CGI, art. 1609 nonies G : taxe sur les plus-values immobilières élevées

Contenu informatif à jour à la date de publication ; il ne constitue pas un conseil personnalisé. Votre situation est analysée au cas par cas par un expert-comptable inscrit à l’Ordre.

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